Yoann Fleurice
Thérapeute, formateur
La beauté de la vie… et la mystérieuse mécanique de la maladie
Il y a quelque chose d’assez extraordinaire dans le simple fait d’être vivant.
Un organisme qui respire, se nourrit, se répare, s’adapte, apprend, se transforme.Des milliards de cellules qui communiquent en permanence. Un système nerveux qui anticipe. Un système immunitaire capable de reconnaître, de mémoriser, de distinguer. Un cerveau qui imagine des choses qui n’existent pas encore.
Et puis il y a nous.
Nous qui aimons, qui avons peur, qui désirons, qui nous souvenons, qui espérons.Nous qui pouvons tomber amoureux d’une personne, d’une musique ou d’un paysage.Nous qui pouvons mourir de chagrin… ou être littéralement bouleversés par quelques notes de musique.
Tout cela est notre corps, se vit via le corps.
Alors une question me revient souvent.
Qu’est-ce qui se passe lorsque nous tombons malades ?
Nous avons pris l’habitude de considérer notre organisme comme une formidable machine,
et lorsqu’elle fonctionne mal, nous cherchons la panne.
Un organe défaillant. Une cellule qui se comporte anormalement.Une hormone en excès ou en défaut.Une inflammation.Une anomalie génétique. Et bien sûr, cette manière de regarder le corps a permis des progrès extraordinaires. Il serait absurde de le nier.
Mais quelque chose me trouble.
Et si nous avions parfois confondu l’explication d’un mécanisme avec l’explication de la maladie ?
Trouver ce qui se dérègle explique admirablement comment quelque chose fonctionne mal.
Mais est-ce toujours suffisant pour comprendre pourquoi cet organisme-là, à ce moment-là, développe cette maladie ?
Pourquoi maintenant ?Pourquoi ici ?Pourquoi cette personne plutôt qu’une autre ?Pourquoi certaines personnes traversent-elles les mêmes événements sans développer les mêmes troubles ?
Nous répondons souvent : le hasard.
Et le hasard existe.
Mais cette réponse, lorsqu'elle devient une explication universelle, a quelque chose d’étrange.
Elle permet de fermer très vite une porte.
Peut-être faudrait-il plutôt accepter de rester un instant devant cette porte.
Parce que nous ne sommes sûrement pas seulement une machine qui tombe en panne.
Nous sommes un être vivant.
Un être vivant qui possède une histoire, une mémoire, des relations, des émotions, un environnement, des habitudes, des conflits, des aspirations.
Un être vivant dont le corps n’est pas séparé de ce qu’il vit.
Cela ne signifie évidemment pas que toute maladie serait « dans la tête ».
Cela ne signifie pas non plus qu’il suffirait de comprendre psychologiquement une maladie pour la guérir, ce serait bien naïf et d’ailleurs dans l’histoire récente certains se sont aventurés sur ce terrain dangereux et faux.
Ce serait une autre forme de réductionnisme.
Mais entre « tout est biologique » et « tout est psychologique », il existe peut-être un territoire immense que nous explorons encore trop peu.
Celui de l’être humain dans sa totalité.
Et c’est précisément là que commence cette aventure.
Aventures humaines.
Une tentative pour regarder autrement ce qui nous constitue, ce qui nous bouleverse, ce qui nous fait souffrir, ce qui parfois nous rend malades.
Sans renoncer à la science.
Sans mépriser la médecine.
Mais sans renoncer non plus à cette vieille idée, devenue presque suspecte aujourd’hui :
nous sommes des êtres humains avant d’être des machines.
« La psyché et le corps ne sont pas des entités séparées, mais une seule et même vie. » — C.G. Jung
Des dizaines de milliers de milliards de cellules qui communiquent, s’adaptent, se renouvellent et coopèrent en permanence… avec des milliards de réactions chimiques à chaque instant juste pour que nous vivions… mais quelle merveille derrière l’apparente banalité de ce que nous percevons du réel !
Et peut-être que notre corps a encore beaucoup de choses à nous apprendre.
À condition de prendre le temps de l’écouter.
A suivre…
Yoann Fleurice